Nuit Rhénane

Publié le par Lui

 


 

 

Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme

Ecoutez la chanson lente d'un batelier

Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes

Tordre leus cheveux verts et longs jusqu'à leurs pieds

 

 

Debout chantez plus haut en dansant un ronde

Que je n'entende plus le chant du batelier

Et mettez prés de moi toutes les filles blondes

Au regard immobile aux nattes repliées

 

 

Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent

Tout l'or des nuits tombe en tremblant s'y refléter

La voix chante toujours en râle-mourir

Ces fées aux cheveux verts qui incantent l'été

 

 

Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire

 

 

Apollinaire "Alcools" 1913

 


 

 

 

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E
ce magnifique poème...
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