Né en 17 à Leidenstadt (J.J. Goldman)

Et si j'étais né en 17 à Leidenstadt
Sur les ruines d'un champ de bataille
Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens
Si j'avais été allemand ?
Bercé d'humiliation, de haine et d'ignorance
Nourri de rêves de revanche
Aurais-je été de ces improbables consciences
Larmes au milieu d'un torrent ?
Si j'avais grandi dans les docklands de Belfast
Soldat d'une foi, d'une caste
Aurais-je eu la force envers et contre les miens
De trahir, tendre une main ?
Si j'étais née blanche et riche à Johannesburg
Entre le pouvoir et la peur
Aurais-je entendu ces cris portés par le vent
Rien ne sera comme avant ?
On saura jamais c'qu'on a vraiment dans nos ventres
Caché derrière nos apparences
L'âme d'un brave ou d'un complice ou d'un bourreau ?
Ou le pire ou le plus beau ?
Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d'un troupeau
S'il fallait plus que des mots ?
Et si j'étais né en 17 à Leidenstadt
Sur les ruines d'un champ de bataille
Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens
Si j'avais été allemand ?
Et qu'on nous épargne à toi et moi si possible très longtemps
D'avoir à choisir un camp...
A tout ceux qui ont l'assurance d'être dans le bon camp, de posséder la Vérité, et par ce fait, se permettent de juger... Etre bon c'est avant tout être tolérant.
Je tenais à publier ces paroles de Goldman, après une discussion houleuse que j'ai eu avec trois amies sur les ravages de la seconde guerre mondiale. J'ai eu beaucoup de mal à me faire entendre devant une certaine dictature du "bien fondé des choses". Peut-être, alors, m'étais-je mal exprimé... Pour mieux illustrer mes propos voici ce texte représentant bien cette idéologie qui m'est chère. Ne jugez jamais trop rapidement, ce que vous auriez pu faire aussi.